Historique: de 1919 à nos jours

1919 : Arrivée à Port Cros de Madame Marceline Richard-Gaffet et de Jean Picard, sous prefet à Orange et poète connu sous le nom de Claude Balyne. Le couple tombe sous le charme de Port-Cros et s’installe à la Maison des galères, à l’entrée du vallon de la Solitude.

Il s’agit en fait de Madame Marceline Henry, visionnaire, amoureuse des lettres et de la nature, qui consacra sa vie à Port-Cros.

Avec son mari, Marcel Henry, notaire, elle développe à la fois une activité touristique avec l’ouverture de l’Hôtellerie Provençale, anciennement l’Auberge Pascal, puis du Manoir mais également une volonté de préservation de l’île par son inscription le 17 mars 1930 parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique à la demande du Ministre de l’Education nationale et des Beaux Arts. Son influence auprès de l’Etat, du maire d’Hyères dont elle fut l’adjointe, puis des scientifiques du Muséum de Paris ont permis le développement et le rayonnement de Port-Cros.

Autre personnage clé de l’histoire de Port Cros, Madame Paule Desmarais. Un jour d’été au début des années 1930, le yacht « Révellata » fait escale à Port Cros. A son bord, Madame Paule Desmarais, héritière des pétroles Desmarais, est séduite par le charme de Port-Cros. Elle reviendra en famille passer ses vacances à l’Hôtellerie Provençale, puis au Toiton, villa du port. Elle loua également l’ile de Bagaud dans les années, terrain d’aventures quotidiennes…

1920 : des phoques moines sont encore présents autour des iles d’Hyères. La famille Staron Balaÿ devient propriétaire de la boulangerie du port.

1921 : à la suite de télégrammes envoyés par Mr Buffet au Préfet du Var et au ministre de l’Intérieur, un service régulier quotidien est ouvert depuis Les Salins, par une vedette à moteur, la Rose-Adrien, pouvant emporter 80 personnes.

1921 : parmi les visiteurs fréquentant Port Cros et amis des Henry, on compte des hommes de lettres et des artistes, tels Paul Valery, le peintre André Lhote, Jean Paulhan, secrétaire du directeur de la Nouvelle revue Française, Jacques Rivière, des savants comme Charles Richet et des personnalités comme Aristide Briand

1925 : Les forts du Moulin,  de L’Estissac et de Port Man sont classés monuments historiques. Jules Supervielle qui cherche une retraite calme loin de l’agitation parisienne, a trouvé à Port Cros le lieu idéal. Il y viendra chaque été de 1925 à 1939. Il y loge avec sa famille au fort du Moulin. Ses amis lui rendent visite et font des séjours plus ou moins longs. Henri Michaux fait partie des habitués comme Marcel Jouhandeau, André Gaillard, Maurice Jaubert, Georges Rouault, Max Jacob, Blaise Cendras.

1926 : Edvard Benes séjourne un mois à Port Cros et rédige une partie de ses « mémoires de guerre », publiées en 1928.Il est alors Ministre des Affaires Etrangères de la Tchécoslovaquie.

1927 : Le Touring Club de France demande le classement des terrains forestiers de l’ile comme site pittoresque.

1928 : Saint John Perse (1887-1975) vient mouiller à Port Cros. Né à la Guadeloupe, poète et diplomate, il est alors directeur de cabinet d’Aristide Briand. Il sera démis par le gouvernement de Vichy et s’installera aux USA. Il est alors l’invité de Jules Supervielle (1884-1960)

1928 : septembre, l’autorité militaire alors propriétaire d’un certain nombre de terrains décide de mettre ces derniers en adjudication.

1928 : novembre, la commission des monuments historiques se prononce pour le classement des forts existants dans l’ile.

1929 : le Touring Club de France parvient à devenir locataire des forts et des terrains militaires pendant 18 ans

En 1930, Port-Cros redevient un lieu de l’activité culturelle grâce à Jean Paulhan, secrétaire général de la Nouvelle Revue Française, qui par l’intermédiaire de Mme Henry, fait venir au fort de la Vigie sa famille, ses amis et ses collaborateurs pendant 2 à 3 mois l’été. C’est d’ailleurs, Jean Paulhan qui a fait choisi deux ânes pour transporter les marchandises jusqu’au point culminant de l’île.

Lire un article du Monde de 2005 sur la NRF

Port-Cros, villégiature de la NRF
LE MONDE | 07.06.05 |

D’une île, surtout lorsqu’elle n’a pas la taille d’une région, on a vite fait le tour. On passe alors à la suivante pour noter les différences, pour souligner les séductions de chacune par rapport à l’autre. Il y a ainsi des amateurs d’îles : ils arrivent le matin en bateau et repartent le soir, contents d’avoir enrichi d’un nouveau nom la liste de leurs conquêtes.

Mais il existe une autre catégorie de visiteurs. Sur ce bout de terre émergé, dans ce périmètre limité, ils devinent des charmes secrets, une épaisseur d’histoires, des légendes… Alors, pour vérifier leur intuition, ou pour prolonger leur rêve, ils reviennent, arrangent des séjours de plus en plus longs, font amitié avec les témoins de ces histoires, interrogent les fragments qui ont survécu des anciennes légendes…
Derrière le fort du Moulin, dans le minuscule cimetière de Port-Cros, qui est elle-même la plus petite des îles d’Hyères – avec ses voisines Porquerolles et le Levant – on dit qu’Hélène est enterrée. Mais voilà : cette Hélène-là n’existe que dans le roman délicieusement sentimental Jean d’Agrève, publié en 1897 par Eugène Melchior de Voguë. Ce livre, qui connut un grand succès, est la première œuvre littéraire moderne ayant Port-Cros pour cadre et pour principal protagoniste.
D’emblée, l’île méditerranéenne est posée comme lieu paradisiaque, vivant, miraculeux, refuge d’amours passionnées, mortelles ou impossibles. C’est aussi un espace naturel menacé qu’il convient de préserver : à quelques encablures de là, les touristes commencent à affluer sur la côte que l’on vient de baptiser d’Azur, complices involontaires des destructions qui se préparent.
Enfin, l’île symbolise – et favorise – le retrait, la concentration solitaire, la jouissance gratuite et contemplative de la nature, ciel, mer, faune et flore confondus. Pour ne pas devenir un intrus, l’homme doit se civiliser, s’éduquer à l’école de cette nature. Ainsi, séparés par quelques kilomètres de mer, les deux espaces, insulaire et continental, s’opposent, presque jusqu’à la caricature. Et aujourd’hui encore, quittant le port d’Hyères pour rejoindre en bateau, une heure plus tard, celui de Port-Cros, on mesure l’antagonisme. On comprend surtout où se trouve le vrai luxe – celui qui ne se calcule pas en terme de rentabilité.
Une tradition littéraire s’élabore donc en ce début de siècle, dans l’esprit du roman de Melchior de Voguë, qui sera adapté au cinéma – et tourné à Port-Cros – en 1922. Paul Bourget, Henry Bordeaux, Charles-Albert Costa de Beauregard, puis Charles Vildrac (qui rêve d’une société idéale et insulaire vivant en autarcie) en sont les premiers représentants.
En 1928, D. H. Lawrence, malade, fera également un séjour dans l’île. Certes, les histoires souvent tragiques ou morbides n’ont pas laissé d’impérissables souvenirs, mais elles ont contribué à tisser l’imaginaire de Port-Cros, avec toujours ses deux faces, de pleine lumière et de mélancolie, d’amour et de mort. Mais pour pouvoir se développer, cette tradition littéraire, qui va prendre une autre direction à la fin des années 1920 avec le groupe de la NRF, doit s’appuyer sur des éléments concrets. D’autant que Port-Cros n’est nullement à l’abri, on le devine, d’appétits financiers divers. Fort heureusement, cette histoire réelle ne manque pas elle-même d’un certain panache romanesque.
Soit un couple, Marceline et Marcel Henry, notaire à Avignon. En 1919, huit ans après son mariage, Marceline part avec son amant, Jean Picard, sous-préfet à Orange et poète sous le nom de Claude Balyne, cacher ses amours à Port-Cros. Le couple s’installe à la Maison des galères, à l’entrée du vallon de la Solitude. Mais le poète est tuberculeux et condamné.
Peu de mois après, Marcel Henry reçoit un mot de son épouse (« Jean et moi avons trouvé le paradis. Viens ! ») et rejoint le couple illégitime. Il se prend lui aussi d’amour pour l’île au point d’y consacrer désormais sa vie, et cherche à s’en rendre propriétaire. D’interminables et complexes batailles juridiques s’engagent ; elles dureront jusqu’au milieu des années 1950. En attendant, il faut bien vivre : Marceline Henry décide, à partir de 1922, de se lancer dans l’hôtellerie, d’abord à l’enseigne de L’Hostellerie provençale, puis du Manoir. En 1930, Claude Balyne, qui a publié l’année précédente chez Gallimard L’Ile fée, recueil de proses et de poèmes sur Port-Cros, meurt.
Tandis que les Henry tentent difficilement, avec plus d’abnégation que d’esprit de lucre, d’asseoir leur présence, un autre personnage se manifeste, qui va grandement contribuer à façonner l’image littéraire de l’île, non sans être d’abord lui-même tombé sous son charme. Un jour d’octobre 1926, Jean Paulhan, rédacteur en chef de la NRF, se promenant sur un sentier de Port-Cros, déchire son pantalon et demande à L’Hostellerie qu’on le lui répare. En attendant, il fait la connaissance de la maîtresse des lieux, Marceline, que l’on voit toujours en longue robe blanche, avec les cheveux roulés sur les oreilles.
Très vite, un projet germe dans l’esprit de Paulhan, encouragé par les Henry tellement épris de belles lettres : faire de Port-Cros un lieu de villégiature pour lui-même et pour sa famille, et de rendez-vous pour les écrivains de la NRF. Justement, l’un des cinq forts qui couronnent Port-Cros, celui de la Vigie, est désaffecté et disponible. « Le propriétaire de l’île m’a fait une offre merveilleuse : il me donne pour quinze ans, si je le veux, le plus beau fort de l’île et qui la domine toute… » Un contrat de location est conclu entre Marcel Henry et Gallimard. Jean Schlumberger et Jules Supervielle figurent parmi les premiers sociétaires. Mais l’endroit n’est guère hospitalier. Il faut le rendre habitable, ménager des chemins vers la mer, monter (à dos d’âne ou d’homme) de quoi subsister.
A partir de cette fin des années 1920 et jusqu’à la guerre, Jean Paulhan ne va cesser de vanter auprès de ses nombreux correspondants les mérites de Port-Cros, pour les inciter à y séjourner en sa compagnie. A Valery Larbaud (qui n’y viendra pas) : « L’île vous ravirait. Je ne connais point d’endroit où l’on se sente plus libre et plus seul, pourtant maître d’un grand pays. Et n’importe quelle fatigue nerveuse y disparaît en un jour. » Au poète belge Odilon-Jean Périer : « Ni froidure, ni chaleur, ni neige, ni gelée, ni boue, ni poussière. Mille hectares de forêts d’eucalyptus, pins d’Alep, myrtes, romarin, bruyère ; crêtes sauvages ; falaises ; plages de sable fin. Un hôtelet six maisons de pêcheurs. Ni instituteurs ni gendarmes. De plus, il y a chaque année des vols de flamants roses, de guêpiers, de hérons. »
Jules Supervielle de son côté s’installe avec sa famille au fort François-Ier (actuellement fort du Moulin). Il sera l’autre puissance invitante. André Gide, Marcel Arland, Marcel Jouhandeau, Henri Michaux, Saint-John Perse, Jean Fautrier, Jacques Audiberti, Franz Hellens… séjourneront à Port-Cros. Mais la guerre va disperser toute cette belle société lettrée, mettant fin, provisoirement, à l’enchantement. Revenant à Port-Cros dans les années 1950, Arland hésite à revoir la Vigie, « pillée, ravagée par la guerre ». Il sait pourtant que quelque chose n’a pu changer : « L’esprit du lieu, son grand air fixe et perdu, un peu hagard, sa merveilleuse liberté. »
Mais l’histoire n’est pas close. En 1963, grâce à André Malraux*, l’île devient parc national, dix ans après la mort de Marcel Henry. La Dame blanche, Marceline, meurt en 1966. Les Henry, qui sont enterrés dans le petit cimetière de Port-Cros, ont fait de leur neveu, Pierre Buffet, leur héritier. Lié d’une grande amitié avec Jean Paulhan – à qui il viendra demander conseil à Paris -, Pierre Buffet reprend l’Hôtel du Manoir, avec pour principal souci de préserver « l’esprit du lieu ». On peut attester qu’il y est présent.

Patrick Kéchichian

* avec l’accord de Paule Desmarais, propriétaire de Port Cros.

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Si Marceline Henry régna sans partage sur Port-Cros pendant des décennies, son désir de posséder l’ile ne fut jamais définitivement exaucé. Mais qui est donc propriétaire de Port-Cros ?

Le docteur Crotte avait obtenu une promesse de vente du Marquis Costa de Beauregard en 1909.

En 1919, le docteur meurt sans avoir levé cette promesse de vente. En 1920 sa deuxième épouse Blanche, rencontre « Madame Balyne » qui lui propose de confier ses intérêts à maître Marcel Henry, notaire à Château Neuf du Pape.

Marcel Henry devient ainsi mandataire de Madame Blanche Crotte pour pouvoir agir en son nom.
Les héritiers du docteur (du premier et du second mariage) se rebellent et portent l’affaire en justice en 1925.

Le 20 Janvier 1930, la cour d’appel d’Aix déboute Marcel Henry. Il s’agit-il de « l’arrêt Crotte » qui le déclarait «mandataire infidèle».

Port-Cros est donc à nouveau à vendre par les héritiers Crotte.

Le 17 mars 1930, un arrêté a prononcé le classement parmi les sites de l’ensemble des terrains appartenant à Marcel Henry.

Le 25 avril 1930, l’Etat classe au titre des sites, les rues, places, eglise et cimetière de l’ile dépendant du domaine affecté à l’autorité militaire.

Le 2 juin 1937 à la barre du tribunal civil de Toulon, des enchères sont organisées.

Un promoteur immobilier du nom d’Armand Touche, demeurant 120 avenue des Champs-Elysées à Paris, souhaite acquérir l’île. Il venait de lotir le cap Bénat et ses projets étaient pharaoniques : constructions, lotissements, bref, un projet qui aurait définitivement défiguré l’aspect naturel de Port-Cros.

Il y a urgence, Monsieur et Madame Henry viennent à Paris pour convaincre Madame Paule Desmarais, cliente de l’hostellerie provençale depuis de nombreuses années de se porter adjudicataire de l’île. C’est l’union de deux femmes, une aventurière visionnaire, Marceline Henry et une riche héritière, Paule Desmarais, qui partageant l’amour de Port-Cros et l’envie de sauvegarder la beauté naturelle de l’île face à la spéculation immobilière.

Ainsi Madame Paule Desmarais achète l’ile de Port Cros pour 4 millions de francs.

Contre toute attente, Monsieur Touche dépose une surenchère et Port Cros est à nouveau à vendre pour 4,7 millions !

Le 7 juillet 1937, madame Paule Desmarais acquiert Port-Cros pour protéger l’île de la promotion immobilière. La presse applaudit unanimement cet acte de mécénat qui permet le sauvetage de Port-Cros, une île à la nature préservée, une propriété privée ouverte au public.

1939 : une partie de la flotte française est mouillée en baie d’Hyères, protégée par des barrages de filet, dont un allant de Bagaud au cap des Mèdes, un allant du cap Bénat jusqu’à la pointe de la Galère à Port Cros, un fermant la Petite Passe. Les bateaux utilisent la passe entre Bagaud et Port Cros, contrôlée par le Polyphème. un dispositif de détection sous-marine est composé de micros mouillés au large du Langoustier et à la Galère.

1939 : l’écrivain Marcel Arland (1899-1986) passe l’été à Port Cros en compagnie des Schlumberger et des Paulhan.

1942 : « La fée de Port Cros ou la voie sans retour », d’Henry Bordeaux, parait dans une nouvelle édition agrémentée.

1942 : Mme Desmarais loue son domaine aux époux Henry. Les fondements de la protection de Port-Cros sont rédigés dans ce document.

« Le domaine devra toujours être laissé dans son état actuel. Il ne pourra faire l’objet d’aucun lotissement. La forêt, ses bois et sous-bois ne pourront être ni exploités ni déboisés. Les mesures contre les dangers de l’incendie, notamment les défenses de camper, chasser, faire du feu, fumer, devront demeurer en vigueur dans toute l’île. Le domaine ne devra pas être clôturé, il demeurera accessible aux visiteurs de l’île, sauf certaines parties attenantes aux habitations… »

Ces principes de protection de Port-Cros seront repris dans les statuts du Parc National vingt-et-un ans plus tard.

1944 : juillet et août, les iles sont évacuées de leurs habitants et occupées par deux compagnies Allemandes du 917ème régiment de grenadiers, dont 150 à Port Cros et 90 au Levant.

1944 : 14 août, le 1er régiment « le first Special Service Force » du Colonel Walker débarque dans la calanque du Tuf, s’empare du poste de garde de Port Man, puis du Fort de la Vigie. Les Allemands se retranchent dans les forts de l’Estissac, qui tombe le 16 aôut, et dans celui de l’Eminence, qui, avec 46 hommes et 2 officiers, tient jusqu’au 17 aôut, après des bombardements aériens et navals, notamment du croiseur Augusta. La maison de Port-Man sert d’hôpital de campagne.

1945 : les habitants reviennent sur l’ile et les prisonniers de guerre sont mis à contribution pour la reconstruction.

1947 : la conférence Olivaint et le révérend père Huvenne s’installent dans les forts de l’Estissac et de l’Eminence. Les étudiants de Sciences Po et des universités européennes planchent chaque été sur la construction de l’Europe et parfois sur la réconciliation entre les peuples. Les ministres Laurent Fabius, et Hervé de Charrette et biens d’autres hommes politiques allemands et italiens fréquentent Port Cros pour « refaire le monde ».

1948 : Le Polyphème est coulé devant l’Ayguade, au Levant pour servir de brise-lames.

1950 : les derniers phoques moines sont vus aux iles d’Hyères

1950 : un chaland surmonté d’une grue chavire au cours d’une tempête, et coule à 250 mètres de la pointe de Montrémian de Bagaud. L’épave à -48 mètres est connue comme la barge aux congres.

1952 : Philippe Hériat publie « les grilles d’or » dont l’action se passe en partie à Port Cros, dans une propriété nommée le Cap Baiou.

1953 : monsieur Marcel Henry meurt, et il est enterré dans le cimetière de Port Cros.

1954, le 2 mars, à la demande de Mme Henry, le fort du Moulin est classé monument historique.

1954 : Port Cros compte 59 habitants, pêcheurs et personnel de l’Hostellerie Provençale.

1955 : les Iles d’or assurent la liaison avec Port Cros et Le Lavandou avec la « Notre Dame de l’Aghet » et « le Belle Hélène » en liaison avec les Salins.

1957 : le 12 février, les forts de la Vigie et de l’Estissac ainsi que la batterie de Port Man sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

1957 : Louis Viale, pêcheur du Levant, découvre l’épave du Slava Rossii, qui avait fait naufrage au sud de l’Ile du Levant.

1957 : Gérard Prévot publie « les chemins de Port Cros ».

1958 : le commandant Tailliez fouille l’épave du Titan. Il remonte 500 amphores et une partie de la coque.

1960 : 22 juillet, vote à l’Assemble Nationale de la création des Parc Nationaux. Madame Henry demande en 1961 à André Malraux que l’ile devienne un parc national.

1961 : liée à la Société Nationale de Protection de la Nature, inspirée par la loi du 22 juillet 1960, Madame Henry décide de léguer à l’Etat, la partie de l’ile dont elle est propriétaire, soit 213 hectares sur un total de 700 hectares, sous réserve que l’ile soit érigée en Parc National, dans le but d’assurer la conservation et le développement de sa flore et de sa faune.

1961 : le 29 mars, le conseil national de la protection de la nature émet à l’unanimité un avis favorable au classement de  Port Cros en Parc National.

1962 : le bail de location de la partie est de l’ile, concédé par Mme Desmarais à Monsieur et Madame Henry en 1942, arrive à échéance. Paule Desmarais revient à Port Cros. Son gendre Pierre de Cabarrus rénove la ferme de Port Man.

1962 : du 11 au 13 juin, un colloque est organisé à Port Cros réunissant des hauts fonctionnaires, d’importants représentants du milieu scientifique. Le colloque est présidé par le professeur Bressou membre de l’institut. Ce colloque permet de justifier scientifiquement la nécessité de protection d’un milieu maritime menacé.

1963 : le Parc National de Port Cros est crée, avec l’accord de Mme Desmarais et Mme Henry, par décret du conseil d’état N°63-1235 du 14 décembre 1063. Il couvre Port Cros, la Gabinière et le Rascas.

Cette période voit l’arrivée des familles Seemuller (1948), Viale (1949), Claudius Petit (1949) …

1963 : (14 décembre) création du Parc National de Port Cros à l’initiative d’André Malraux. Le Parc couvre Port Cros, La Gabinière, le Rascas et une zone marine de 600 mètre de large autour.

1963 : Claude Martine publie « La preuve par l’ile » chez Gallimard, dont l’action se situe à Port Cros.

1966 : Marcelline Henry décède, 6 ans après son legs à l’Etat, le 26 mars 1966, en sa villa hyèroise « les Anémones ». En début d’après midi, la vedette du service Les Salins-les iles, « la belle Hélène » qu’elle avait baptisée, il y a 15 ans, l’emportait sur une mer balayée par le mistral et furieusement démontée. En présence de ses amis, dont Madame André Malraux, de sa famille, des Port Crosiens, elle fut enterrée avec son mari, dans le cimetière de Port Cros, cette terre qu’elle chérissait tant et qui la gardera à jamais.

Extrait du texte prononcé le mardi 29 mars 1966 par Monsieur Brunon, sous préfet à Toulon.

Le ciel de nos hivers, reflet de nos angoisses dans le souffle de ses vents et la course de ses nuages, est l’hôte, aujourd’hui, de nos âmes et de nos cœurs, retenant loin de nous ce printemps de la vie, sans cesse recommencée.

Celle qui, pour nous, était la vie, celle qui aimait le tracé de la feuille, la veine de la pierre et l’architecture du coquillage aux reflets de l’eau secrète, celle qui recherchait dans l’être et la chose, le reflet et le réceptacle de cette vérité, que l’intelligence conçoit mais que seul, cet organe mystérieux qu’est le cœur appréhende.

Madame Marcel Henry a pris congé de nous. Elle a franchi le seuil de notre univers contingent, avec l’exquise politesse des grandes dames qui savaient mourir.

On percevait qu’elle voulait « inventer » l’intelligence du monde et qu’il y avait en elle la nostalgie des rivages ou l’on n’aborde point, mais qui, par la quête qui en est faite, enrichissent du parfum de la connaissance. Elle avait la fierté de ceux qui refusent la stérilité, qui pour l’esprit est l’acquiescement, croyant que, parce que nous sommes un don de Dieu, nous devons nous accompagner, nous même, enrichis, chaque jour, et non marcher à côté des choses acceptées, des idées reçues et des conceptions toutes faites.

Elle aimait l’éveil du monde à l’aube, avec le noble commencement des événements qui vont s’accomplir jusqu’au crépuscule, l’éveil d’autrui, incite et ravi par sa jeunesse, sa façon d’être de malicieuse perspicacité, et l’approche d’une sagesse construite avec les matériaux de la vie, apte, en conséquence, à la sève.

Et parce qu’elle était attentive à la musique du monde, elle aimait la beauté, celle formelle des frondaisons seigneuriales des pins, des verts arbousiers, celle de la Provence ou le végétal épouse le minéral et refuse d’être herbe à lait, celle enfin de Port Cros qu’elle seule savait saisir dans sa plénitude, car elle savait que Port Cros est un être qui vit, que les saisons du monde sont ses âges, qu’il s’exalte de ses parfums, jalouse sa flore, choisit ses amis, se donne enfin à ceux qui l’aime.

Au Zénith de ses étés ou dans le tumultueux isolement de l’hiver des vents et des mers, ainsi qu’elle aimait y faire retraite, comme une consolatrice des printemps passés, et pour donner à son site, vivant, alors, avec elle, en son refuge de pierre, l’espérance du manoir des jours du soleil.

Sa bonté, qui s’enracinait dans la close beauté du monde qu’elle créait puisqu’elle le protégeait, étendait ses nobles rameaux sur toutes les créatures, les plus humbles, les plus humiliées car elle savait qu’il y a le mystère de leur participation au monde et parce qu’elle aimait les êtres, elle s’entourait des princes de l’esprit, de ceux voués aux grands horizons, qui déchirent les voiles des temples et écartent les brumes des caps franchis et elle nous faisait participer à ce cercle enchanté

Elle possédait cette bonté solide et lucide, généreuse par essence, dont la clarté de son esprit et la fermeté de son cœur empêchaient qu’elle se dilue dans la lâche indulgence, car elle voulait l’œuvre bien accomplie en aimant autrui, blessée quelquefois, mais respectueuse de nos différences.

Une grande dame n’est plus. Un regard s’est éteint aux premiers souffles du printemps, comme s’il avait voulu, une dernière fois, s’associer à la résurrection de la nature et de la vie, au chant de l’amour. Elle, toute de foi et de vaillance, est debout dans la tendre lumière de Port Cros, sa longue robe bleue jointe au vent chargé d’aromates et des rêves des navigateur de l’idéal.

1968 : l’Hostellerie Provençale, ancienne Auberge Pascal, est transformée en appartements.

1969 : l’approvisionnement en eau douce de Port Cros s’effectue par dessalement de l’eau saumâtre à partir de deux puits proches de la mer.

1971 : la Société des Transports maritimes et terrestres du littoral varois – TLV, est créée par rachat de deux anciennes compagnies (Michel et Richet), qui exploite la flotte des Amours des Iles.

1974 : le Guide des Ports de Plaisance publié par Arthaud décrit Port Cros en indiquant que « trois espèces rares d’oiseaux de mer y sont solidement établies : le goéland argenté, le puffin anglais et le pétrel des tempêtes ». « Les dauphins et marsouins fréquentent volontiers les eaux de Port Cros », « la tortue de mer et le phoque moine y sont également présents ».

1974 : Gustave Roux, membre du Félibrige, publie Pages d’histoire d’Hyères.

1976/77 : la Société des Transports Maritimes et Terrestres du Littoral Varois dispose de 5 bateaux, dont les Amour des Iles V et VII.

1977 : Les Iles d’Hyères, d’Emile Jahandiez, sont republiées par Laffitte à Marseille, dans la troisième édition de 1929.

1979 (novembre) : un plongeur, Christian Péron, découvre l’épave de La Baleine, flûte française de 35 mètres, coulée dans l’anse de Port Cros, en août 1710.

1980 (avril) : une équipe de plongeurs de la Marine Nationale reconnaît le site de l’épave de la flûte La Baleine.

1980 (juillet) : un incendie ravage le côte Nord de l’anse de la Palud, à Port Cros.

1980 : Caroline Gayet publie Le Marquis des Iles d’Or chez Denoël.

1980/81 : de l’épave du Slava Rossii, le Groupe de Recherche en Archéologie Navale retire des icônes, des armes, des pièces de bronze.

1983 : Le Parc National de Port Cros, par Liliane Birman, est publié aux Editions Créer.

1984 : le Centre de documentation archéologique de Toulon entreprend, en collaboration avec le Parc National de Port Cros, l’inventaire archéologique des îles d’Hyères. 27 sites seront recensés à Porquerolles.

1985 : l’Amour des Iles XI est mis en service.

1985 : Raymond Lasserat (1916 – 1997), ancien professeur de lycée parisien, écrit Les Iles d’or, brochure s’ajoutant à d’autres sur la région d’Hyères.

1989 : un câble amène l’électricité à Port Cros et à Heliopolis.

1989 : Claude Gritti autoédite Des Maures aux Iles d’Or.

1990 : Margot et Franz Eberssoldt publient Les Iles d’Hyères chez Naglschmidt.

1990 : Jean-Claude Brenac autoédite le Guide des îles d’Hyères pour la plaisance et le tourisme.

1992 : Le 15 mai 1992, à l’age de 92 ans, décès de Madame Combe Desmarais. 

1993 : la chasse sous-marine est totalement interdite pour 5 ans dans le périmètre du Parc national de Port Cros. On ne compte plus que 90 mérous.

1994 : Alexis Lucchesi publie Randonnées dans les Iles d’Or et la Côte Varoise chez Edisud.

1995 (janvier) : Port Cros reste isolée pendant 5 jours en raison d’un fort mistral.

1995 (avril) : le ministère remet gracieusement au ministère de l’Environnement le forts de l’Estissac et de l’Eminence, s’ajoutant au fort St Agathe et à la batterie Sud de Bagaud.

1995 : un mérou bien connu des plongeurs, surnommé Gros Calin disparaît de Port Cros.

1996 : on compte 160 mérous à Port Cros, contre 90 en 1993.

1997 : Vincent Borel publie Porquerolles et les îles d’Hyères vers 1900.

1997 (novembre) : Actes Sud et le Parc National de Port Cros publient Les Iles d’Hyères – Fragments d’Histoire, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Pierre Brun, Directeur du Centre Archéologique du Var à Toulon.

1998 (avril) : Claude Gritti publie Les Enfants du Levant chez Jean-Claude Lattès.

1998 (mai) : Claude-Marie Vadrot publie Parc National de Port-Cros – Iles de Port Cros et Porquerolles chez Actes Sud.

1998 (décembre) : Odile Jacquemin et Catherine Berro publient Territoires littéraires des îles à la Ville – Hyères les Palmiers, aux Editions Mémoire à lire.

2012 (Juin) : arrivée de l’ADSL à Port-Cros

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